Le conseil du pro : le nu, osez le sortir du boudoir
Le nu représente probablement le sujet le plus débattu en photographie. Comme disait mon ami récemment : « Certains veulent faire de belles photos, d'autres rencontrer des nanas...». On ne va pas y aller par 4 chemins, le photographe débutant ou amateur a la goutte au front quand on aborde le sujet.

Avec le mouvement #MeToo la parole libérée des femmes a aussi permis de faire le point sur la situation entre photographes et modèles. Comme dans toutes les activités et professions il existera toujours des brebis (plutôt des loups cette fois) galeuses et s'y on y ajoute la scène du film Dikkenek dans laquelle le personnage de Claudy Focan représente l'archétype du photographe obsédé par les jeunes filles on pourrait facilement dresser le portrait-robot du photographe de nu qu'il est inutile de décrire, tout le monde a compris.
Heureusement les photographes respectueux existent aussi, l'attention portée à la photographie plutôt qu'aux modèles reste l'unique dominante pour ces artistes. La volonté de produire une image avec de la personnalité, délicate, élégante, construite et respectueuse reste l'unique objectif, la relation photographe/modèle est envisagée comme une collaboration professionnelle ou chacun et chacune propose des idées pour construire un travail photographique pertinent.

Le covid a apporté son lot de distanciations sociales qui existaient déjà en photographie de nu mais il n'en est pas toujours ainsi malheureusement. Quelques condamnations sont tombées ces derniers temps mais il faut rester lucide, le milieu reste dominé par des hommes qui ont parfois d'autres fibres que l'artistique en tête.
La boite a déclic aborde le thème sur sa fiche N°5 de la rubrique « Sujets ». De grandes références y sont abordées comme évidemment Helmut Newton dont sa femme disait qu'elle s'inquiétait quand il recommençait à photographier des fleurs, Terry Richardson pour sa vision plus brutale, le regretté Marc Lagrange pour son élégance et Jean-François Jonvelle pour l'aspect naturel et instinctif de son travail.

Le travail de nombreuses femmes se fait également connaître et il est fort agréable de constater et d'étudier le regard des femmes sur d'autres femmes.
Le nu peut se présenter sous différentes formes, suggestif, démonstratif, érotique, pornographique, on y trouve aussi différentes formes d'approches comme le boudoir qui se définit comme une séance intime généralement en lingerie dans un lieu élégant.

Le photographe débutant éprouvera sans doute des difficultés pour trouver des modèles mais il/elle peut se montrer rassurant(e) et proposer un mood board (galeries d'images montrant ce qu'il/elle souhaite réaliser). Sachez surtout que très souvent ce ne sera pas votre photo qui sera jugée mais bien la personne exposée. Vous constaterez sans doute la critique facile mais rarement constructive, l'échange sur les réseaux sociaux se résume souvent à un combat d'idées et non un apprentissage par le partage.
Les réseaux ne sont pas non plus le lieu approprié pour diffuser votre travail, servez-vous-en plutôt comme teaser et renvoyez à votre site où vous êtes libre de diffuser comme bon vous semble. Les algorithmes n'aiment pas cette manœuvre mais la liberté à un prix, celui de la qualité d'appréciation sur la quantité.

Le conseil de #laboiteadeclic : soyez prévenant, relax, ne regardez pas votre écran à chaque image, communiquez sur ce que vous faites, un photographe silencieux c'est chiant. Ne touchez pas votre modèle, expliquez en gardant à l'esprit que votre gauche et votre droite sont inversées. Tournez autour, variez les angles et ne faites pas 20x la même photo.









0 commentaire(s)