Le flash est-il l’assistant lumière idéal pour éclairer intelligemment vos prises de vue en intérieur ?

 

Intérieur flash

 

Qui dit flash, dit réflexion de la lumière et réflexion tout court.

Car recourir à cette source d’éclairage artificielle en intérieur doit toujours être un choix mûrement réfléchi et sûrement pas systématique.

L’usage du flash en intérieur, c’est l’option à retenir quand tous les recours (montée en ISO, abaissement de la vitesse, ouverture maximum) sont épuisés pour déboucher des scènes difficiles au niveau luminosité, note notre expert.

D’autant plus facultatif que si on utilise des objectifs grande ouverture telles que 1.4 ou 1.8. Se mettre à pleine ouverture et monter en ISO, peut parfois suffire à compenser les lumières très basses.

Le flash c’est aussi au cas par cas. Il n’y a donc pas de règle unique mais bien quelques bons conseils à suivre.

 

 

Sous le signe du cobra

Le premier est de proscrire impérativement l’usage du flash intégré à l’appareil.

Non modulable, il est toujours frontal, agressif, génère de vilains aplats disgracieux, des ombres portées et n’inonde de lumière que l’avant-plan.

A l’opposé, les flashs de studio très précis sont lourds, encombrants et nécessitent une réelle maîtrise technique pour un réglage optimal. La meilleur option est à mi-chemin grâce au flash de type cobra (la forme du serpent dressé).

Il en existe bon marché, autour de 100 euros, d’entrée de gamme mais on en trouve de très bons à 250 euros en seconde main (contre 600 prix neufs). « Le cobra est caractérisé par sa polyvalence avec sa tête généralement rotative sur 360° et inclinable sur 90°, il permet d’atteindre toutes les directions, souligne Xavier Lejeune.

Et c’est bien là en effet, l’art du flash : éclairer indirectement une scène et en moduler habilement la luminosité. D’où son intérêt pour vous épauler dans des prises de vue intérieures par nature plus sombres.

 

 

 

Bien entouré

Deuxième conseil, le flash sort rarement tous ses effets en solo mais bien en interaction réfléchie avec d’autres intervenants, naturels ou artificiels, sur la scène photographiée. La réussite de la photo d’intérieur est d’abord le fruit d’un choix celui de l’endroit en fonction du décor, de son potentiel, de ses sources de lumières.

L’usage d’accessoires de photographes - parapluies, bacs à lumières, panneau réflecteur, flash secondaire sur pied - peut accentuer le résultat recherché. Tout autant que la lumière naturelle à travers une fenêtre ou les lumières d’ambiance indirectes à proximité, au-dessus, ou à l’arrière–plan du sujet photographié.

Ici, une lampe à abat-jour évitera un arrière-plan trop sombre, là un rai de lumière viendra adoucir le côté gauche d’un visage pendant que le flash se concentrera sur la droite du sujet pour « déboucher » le côté de la scène plus dans la pénombre.

Les possibilités sont infinies et l’usage avisé, malin, du flash et de tous les éléments dans et autour du cadre ouvre à une alchimie passionnante.

 

 

Technique et entraînement

Pour la réussir, il faut évidemment bien connaître son appareil, ses interactions possibles avec le flash choisi, les fonctions qui y sont liées comme le TTL (Through The Lens), le réglage automatique du fonctionnement couplé du flash et de l’appareil, en matière de puissance et de dosage de la lumière.

Toujours vérifier aussi que le boitier est sur la bonne position pour le flash, conseille notre pro.

Enfin, pas de panique ! Il faut tâtonner, s’entraîner, essayer chez soi quelques situations. Et si, après un shooting en vrai, les résultats sont moyens ou mitigés, « il reste toujours le traitement des images en postproduction capable de rattraper bien des faiblesses ou excès en terme de luminosité », rassure notre expert.

Manier le flash est un apprentissage passionnant. Il ouvre à une autre dimension photographique, d’autres rendus et nécessite « réflexion, réflexion, réflexion ».

Loin de l’idée reçue que flasher est un acte « de secours », improvisé, aveuglant, irréfléchi, dérangeant.

Photo Mirgain propose également en partenariat avec The Photo Academy des formations pour vous permettre de comprendre la photographie en basse lumière.

** (1) https://www.xavier-lejeune.com